Terrains à usage industriel, terres agricoles et planification de l’utilisation des sols

Vancouver shoreline

L’Administration portuaire Vancouver-Fraser est une entité fédérale créée pour faciliter le commerce et soutenir l’économie nationale. À titre de plus grand port du Canada, le Port de Vancouver accueille une bonne partie de l’activité commerciale du pays, particulièrement en provenance de l’Asie.

Selon toutes les prévisions, les échanges commerciaux du Canada avec la Chine continueront d’augmenter, et le port devra ainsi croître en parallèle. On prévoit également l’arrivée d’un million de nouveaux résidents dans la région au cours des 25 prochaines années, qui auront besoin d’endroits pour vivre et travailler.

Comme la vallée du Bas-Fraser est entourée par les montagnes et l’océan, la région se doit de planifier soigneusement le développement des terres à usages résidentiel, récréatif, commercial et industriel pour répondre à la demande future.

L’Administration portuaire Vancouver-Fraser s’efforce d’utiliser les terres fédérales dont elle assure la gestion de manière optimale. Nous collaborons avec les exploitants de terminaux afin de nous assurer que les terres sont gérées de la manière la plus efficiente possible. Nous sommes également dans l’obligation de disposer d’un plan d’utilisation des terres, qui est similaire aux plans directeurs des municipalités. Notre plan actuel a été présenté en 2014, après trois ans de consultations menées auprès des communautés, des groupes autochtones et d’autres intervenants. Il indique les utilisations actuelles et proposées des terres, ainsi que les secteurs où des études et des consultations supplémentaires sont nécessaires avant de pouvoir déterminer leurs utilisations.

Hors des terrains portuaires fédéraux, les gouvernements municipaux sont responsables de la gestion et du zonage de leurs terres. Fait préoccupant, la plupart des terres à usage industriel sont en train d’être converties pour une autre utilisation, par exemple pour un usage résidentiel ou commercial.

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On associe fréquemment les terres à usage industriel à de la machinerie lourde et à des cheminées d’usine. Cependant, les terres à usage industriel servent aussi au transport efficient et fluide des marchandises. Les Canadiens achètent et vendent plus que jamais. Lorsque vous achetez un produit dans un magasin local, réfléchissez au chemin qu’il a parcouru pour s’y rendre. Il provient probablement de l’étranger, et a dû passer par un navire, un terminal portuaire, un centre de distribution, un camion ou deux, peut-être un train, et un entrepôt, au minimum, pour arriver à vous. Plus ces éléments se trouvent à proximité les uns des autres, plus le transport des marchandises est efficient. Placer les centres de distribution et les entrepôts à l’extérieur de la vallée du Bas-Fraser contribue à l’augmentation de la circulation sur les routes, des émissions, du prix des marchandises et des complications pour les entreprises qui cherchent à importer et exporter des marchandises.

La région métropolitaine de Vancouver compte environ 28 000 acres de terres à usage industriel, répartis comme suit :

  • environ 6 600 acres sont vacants;
  • environ 3 100 acres de terres à usage industriel ne présentant aucune contrainte sont disponibles pour un développement à court terme;
  • parmi ces terres, environ 1 000 acres seulement sont adaptés à des activités liées au transport des marchandises, en raison de leur taille ou de leur emplacement;
  • l’Administration portuaire Vancouver-Fraser possède uniquement environ 200 acres de terres à usage industriel adaptés pour un développement à court terme.

On évalue que la demande pour des terres à usage industriel pourrait s’établir entre 1 500 et 3 000 acres au cours des 5 à 10 prochaines années. À ce rythme, les terres restantes adaptées aux activités portuaires et au transport des marchandises pourraient être épuisées au cours de la prochaine décennie.

Selon une analyse réalisée par Site Economics Ltd. (en anglais) pour le compte de l’Administration portuaire Vancouver-Fraser, le développement de chaque tranche de 100 acres de terres à usage industriel offre des retombées économiques directes et indirectes s’élevant à 1,9 milliard de dollars. Selon les chiffres dévoilés par Metro Vancouver, environ 23 pour cent des emplois de la région (soit environ 275 000 emplois) dépendent des terres à usage industriel. En l’absence d’un territoire industriel sûr, nous ne serons pas en mesure d’obtenir de nouveaux investissements et de créer de nouveaux emplois, aujourd’hui et pour les prochaines générations.

La protection des terres à usage industriel est primordiale pour notre qualité de vie à long terme. De plus, le fait de préserver notre inventaire actuel de terres à usage industriel permet d’éviter la conversion des terres agricoles si précieuses.

L’Administration portuaire Vancouver-Fraser est actuellement propriétaire de 236 acres de terres agricoles, ce qui représente environ 0,07 pour cent du toutes les terres agricoles de la vallée du Bas-Fraser. Les terres que nous détenons sont actuellement cultivées conformément à des baux à long terme, et sont situées en bordure de terres à usage industriel qui sont également notre propriété.

Nous préférons ne pas faire l’acquisition de terres agricoles, mais si nous ne pouvons pas trouver de terres à usage industriel favorisant le commerce, les capacités commerciales du Canada s’en trouveront menacées, ce qui aura un impact sur chacun d’entre nous.

La protection des terres agricoles est certes une mission importante, et la Commission du territoire agricole de la Colombie-Britannique y parvient avec brio. Malheureusement, une protection similaire n’existe pas pour les terres à usage industriel favorisant le commerce, ce qui signifie que l’Administration portuaire et d’autres entreprises assurant le transport des marchandises pourraient n’avoir d’autre choix que de considérer l’achat de terres agricoles pour permettre leur expansion.

Nous sommes déterminés à travailler avec tous les acteurs potentiellement concernés, y compris la Commission du territoire agricole de la Colombie-Britannique, pour limiter au maximum la conversion de terres agricoles pour répondre à nos besoins en matière de transport et d’échanges commerciaux.

Pour ce faire, nous pourrions envisager des échanges de terres, le développement de nouvelles terres agricoles ailleurs ou à l’extérieur de la vallée du Bas-Fraser, et une meilleure utilisation des terres agricoles existantes, parmi d’autres solutions. Nous sommes ouverts aux idées et aux commentaires des différents acteurs concernés, notamment la Commission du territoire agricole de la Colombie-Britannique, dans l’intérêt mutuel de la région et de l’ensemble du pays.

L’Administration portuaire Vancouver-Fraser plaide en faveur de l’arrêt du rezonage des terres à usage industriel actuelles. Nous souhaitons participer à une discussion multipartite plus réfléchie sur la gestion de l’aménagement du territoire, afin de protéger les terres agricoles de la région et les intérêts commerciaux du Canada. En collaboration avec les municipalités et les autres intervenants, nous devons protéger les terres à usage industriel restantes avant qu’il ne soit trop tard.

Robin Silvester
Président-directeur général
Administration portuaire Vancouver-Fraser